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Carlo Petrini, l’Italien qui a fait de la cuisine un enjeu écologique et politique global, est mort jeudi soir à son domicile de Bra, dans le Piémont, à 76 ans. Sa disparition sonne comme la fin d’une ère pour un mouvement né contre l’uniformisation alimentaire et devenu une force internationale.
Le décès a été confirmé vendredi par le mouvement qu’il a fondé il y a quarante ans. Figure emblématique du monde gastronomique et de la défense des savoir-faire locaux, Petrini laisse derrière lui un réseau d’initiatives qui ont modifié les débats sur l’alimentation, la production et la biodiversité.
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Dans les années 1980, alors qu’il écrivait sur la gastronomie, Petrini a choisi de passer à l’action pour protéger les traditions culinaires face à la montée des chaînes de restauration rapide en Europe. Il a d’abord rassemblé des militants sous le nom d’Arcigola, avant d’adopter un vocable plus parlant pour souligner l’opposition à la standardisation du goût.
Le mouvement s’est structuré à l’international au tournant des années 1990 : un manifeste signé à Paris en 1989 par des délégations venues de plusieurs pays a consolidé sa portée mondiale. Petrini a présidé l’organisation pendant des décennies, jusqu’en 2022.
Institutions, événements et rayonnement
Au fil du temps, l’action lancée par Petrini a dépassé la simple défense d’un art de vivre : elle a donné naissance à festivals, réseaux et écoles.
- Salone del Gusto — un rendez-vous qui met en lumière producteurs et pratiques alimentaires durables.
- Cheese — foire dédiée aux fromages artisanaux et aux micro‑producteurs.
- Terra Madre — réseau international reliant communautés alimentaires et petites fermes.
- Université des sciences gastronomiques (Pollenzo) — créée en 2004 pour former des spécialistes de l’alimentation durable.
- Communautés Laudato si’ — lancées en 2017, inspirées par l’appel du pape à prendre soin de la planète.
Aujourd’hui, l’organisation qu’il a fondée est active dans environ 160 pays, et ses initiatives ont influencé aussi bien des politiques publiques que des pratiques agricoles locales.
Hommages et portée politique
La mort de Petrini a suscité des réactions dans l’ensemble du spectre politique italien. De nombreuses personnalités et organisations ont salué sa capacité à articuler gastronomie, identité territoriale et droits alimentaires.
La cheffe du gouvernement a rendu hommage en le qualifiant de visionnaire et d’innovateur, soulignant son rôle pionnier dans la promotion de la souveraineté alimentaire et du droit à une alimentation de qualité pour tous.
Au-delà des hommages, son action soulève des enjeux concrets : comment préserver la biodiversité cultivée, soutenir les petits producteurs face aux marchés globaux, et intégrer l’éducation alimentaire dans les politiques de santé publique.
Son héritage est autant institutionnel que culturel : en formant de nouvelles générations de professionnels et en structurant des filières courtes, le mouvement laisse des outils pour continuer le travail engagé par Petrini.
Si la figure de Carlo Petrini disparaît, les réseaux et les projets qu’il a initiés restent en activité et continueront d’influer sur les débats publics autour de l’alimentation durable et des économies locales.











