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Les assiettes et les tasses changent de vocabulaire : dans les cafés et sur les réseaux, de nouvelles saveurs et formats remplacent peu à peu les stars d’hier. Ces micro-tendances influent déjà sur ce que l’on sert au comptoir, sur les cartes des restaurants et sur les dépenses des consommateurs — il vaut donc mieux savoir ce qui arrive.
Café de spécialité : la quête d’un goût singulier
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Le terme « café de spécialité » recouvre désormais des grains triés pour leur origine et leur profil aromatique, puis mis en valeur par un torréfacteur. Pour beaucoup de professionnels, il s’agit d’une tentative de sortir du café industriel standardisé et de proposer une expérience plus nuancée, à l’instar d’un vin élevé par un vigneron.
Résultat : des établissements, des enseignes indépendantes aux chaînes, affichent ces références — souvent à un prix supérieur — mais sans toujours garantir la traçabilité ou la cohérence gustative promise.
Swicy : le sucré qui pique
Contraction de « sweet » et « spicy », le swicy décrit un courant où le sucré se marie volontairement au piment ou aux épices : confitures fruitées relevées, desserts au poivre, sauces miel-chili ou glaces au piment. Ce mélange satisfait la recherche actuelle d’intensité et de contraste gustatif, et s’appuie sur des traditions culinaires — mexicaine, thaïlandaise, coréenne — déjà coutumières du mariage sucré-épicé.

La K-Food a, ces dernières saisons, accéléré la diffusion de ces saveurs auprès des jeunes consommateurs, notamment via des sauces qui accompagnent le poulet frit et les snacks.
Pandan : l’alternative verte au matcha
Originaire d’Asie du Sud-Est, le pandan apporte une saveur évoquant la noix de coco et la vanille, sans les notes iodées du matcha. D’abord plébiscité dans les pâtisseries pour sa teinte verte photogénique, il s’invite désormais dans les boissons — notamment les lattes — et sur les menus des grandes villes.

Influenceurs et médias le présentent déjà comme le nouvel outsider des réseaux, succédant à des phénomènes colorés comme l’ube (saveur de patate douce) et alimentant le renouvellement des tendances food sur Internet.
Konbini : le modèle pratique qui inspire les commerces
Le petit commerce japonais, ouvert en continu et proposant des portions individuelles prêtes-à-emporter, sert aujourd’hui de modèle aux épiceries et traiteurs européens. On y retrouve onigiri, sushis, wraps et bubble tea — des formats pensés pour la mobilité et la consommation immédiate.
Une transformation visible jusque dans des lieux inattendus : certaines librairies spécialisées manga multiplient les offres de restauration pour capter un public jeune et créer une atmosphère inspirée du konbini.
Le phénomène traduit une attente claire des consommateurs : la rapidité sans renoncer à la diversité.
Protéinification et le suffixe « -maxxing »
Le suffixe « -maxxing », venu des sous-cultures numériques, s’est glissé dans la nutrition pour désigner la recherche d’excès — souvent en protéines ou en fibres. Cafés et chaînes proposent des versions « boostées » de boissons ou encas, avec un affichage explicite du contenu protéique.
Pour certains, cela répond à des objectifs sportifs ou diététiques ; pour d’autres, c’est une démarche marketing exploitant la course aux chiffres nutritionnels.
Alcools « no-low » : l’offre qui se densifie
La demande pour des boissons sans alcool ou à faible teneur se structure : vins dégraissés en degré, rosés aromatisés plus légers, bières sans alcool toujours plus nombreuses. Les établissements étoilés comme les palaces intègrent désormais des accords « allégés » dans leurs cartes.
Sophie de Segonzac, consultante en restauration, souligne que cette évolution correspond à une prise de conscience sanitaire et offre de nouvelles voies commerciales — même si, culturellement, l’acceptation de ces alternatives reste plus délicate en France qu’ailleurs.
- À goûter : un latte au pandan pour qui fuit l’amertume du matcha.
- À commander si vous aimez le piquant : une préparation swicy — surprise garantie.
- Pour les pressés : formats inspirés du konbini, pratiques et variés.
- Si vous comptez vos macros : cherchez les mentions « protéines » ou « -maxxed » sur les cartes.
- Pour réduire l’alcool : testez les vins low ou les bières sans alcool, désormais nombreux et travaillés.
Ces tendances montrent que le secteur alimentaire reste très réactif aux signaux des réseaux sociaux, aux préoccupations de santé publique et aux stratégies commerciales. Pour le consommateur, l’enjeu est double : entre découverte gustative et vigilance — sur la qualité réelle des produits et sur le discours marketing qui les entoure.











