Korean Ozempic propulsé par Kylie Jenner : que valent ses promesses minceur ?

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Une courte vidéo de Kylie Jenner a remis sous les projecteurs un produit venu d’Asie : le « cutting jelly », présenté sur les réseaux comme le nouvel allié minceur. Cette mise en avant relance un débat important sur la responsabilité des influenceurs et sur ce que ces formules promettent réellement aux personnes en quête d’un corps « transformé » rapidement.

Qu’est‑ce que ce gel et pourquoi il fait parler

Malgré son aspect sucré et coloré, le « cutting jelly » n’est pas une friandise mais un complément alimentaire liquide, populaire en Corée du Sud depuis plusieurs années. Il est principalement composé d’eau, de fibres et d’agents gélifiants, et se consomme avant ou entre les repas pour réduire l’appétit.

Selon Landry Courbet, diététicien‑nutritionniste, l’effet recherché tient surtout à la présence de fibres solubles : elles peuvent donner une sensation de remplissage gastrique temporaire, comparable à celle obtenue avec un grand verre d’eau ou un aliment riche en fibres. Mais cela ne suffit pas à faire du produit une solution de perte de poids durable.

Ce que disent (et ne disent pas) les preuves

Les données scientifiques disponibles ne confirment pas d’effet métabolique significatif ni d’impact à long terme sur la masse corporelle. En pratique, l’apport calorique global et les habitudes de vie restent déterminants.

  • Composition : eau, fibres, agents gélifiants, parfois arômes.
  • Promesses fréquentes : diminution des ballonnements, sensation de satiété, aide à manger moins.
  • Effet documenté : remplissage gastrique temporaire, similaire à de l’eau ou des fibres alimentaires.
  • Ce qui manque : essais cliniques robustes sur la perte de poids durable et la sécurité d’usage répétée.
  • Public à risque : personnes prenant des traitements médicamenteux, femmes enceintes, enfants — avis médical recommandé.

Pourquoi l’appellation « Korean Ozempic » est trompeuse

Sur les réseaux, on a vite qualifié ce gel de « Korean Ozempic ». Les spécialistes mettent en garde : l’appellation oppose à tort un complément alimentaire à un médicament soumis à des essais cliniques et à une prescription médicale.

Les traitements basés sur les agonistes du GLP‑1 (comme l’Ozempic) modifient des voies hormonales impliquées dans l’appétit et la régulation de la glycémie. Le cutting jelly n’agit pas sur ces mécanismes et n’a pas été évalué selon les mêmes normes. Assimiler les deux banalise l’usage de médicaments puissants et donne une illusion de sécurité à un produit peu encadré.

Conséquences sur le rapport à l’alimentation

L’attrait pour des solutions rapides peut encourager une logique de « couper la faim » plutôt que d’apprendre à l’écouter. Pour le diététicien interrogé, recourir systématiquement à des produits qui atténuent les sensations corporelles risque d’affaiblir la perception des signaux alimentaires, favorisant des cycles de restriction et de compensation.

Sur le plan psychologique, l’échec d’une telle méthode — lorsque les résultats espérés ne se produisent pas — peut aussi générer culpabilité et frustration, avec des effets contre‑productifs sur la relation au poids et à la nourriture.

Un phénomène révélateur d’une pression sociale

La viralité du cutting jelly s’inscrit dans un contexte où les canons esthétiques, amplifiés par les médias sociaux, poussent à rechercher des raccourcis. Les formats courts et répétitifs des plateformes rendent ces produits attractifs : faciles à consommer visuellement, simples à mettre en avant par une célébrité.

Landry Courbet rappelle que la perte de poids, quand elle est souhaitée pour des raisons de santé, ne se résume pas à un produit isolé. Elle dépend d’un ensemble de facteurs — qualité de l’alimentation, activité physique, sommeil, gestion du stress, rythme des repas — qui ne se remplacent pas par une gelée.

Ce que les spécialistes conseillent

  • Consulter un professionnel de santé avant d’introduire un complément, surtout en cas de pathologie ou de traitement en cours.
  • Favoriser des changements durables (alimentation variée, sommeil régulier, activité physique) plutôt que des solutions ponctuelles.
  • Rester critique face aux promesses relayées par des influenceurs : popularité ≠ preuve d’efficacité.

En somme, le phénomène du « cutting jelly » illustre autant la force des tendances virales que les limites d’une approche individuelle et cosmetique de la minceur. Plutôt que de chercher à faire taire la faim, les spécialistes invitent à interroger ses origines — besoins énergétiques, qualité des repas, stress — et à privilégier des stratégies validées et sécurisées sur le long terme.

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